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Lungta

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LES CHEVAUX DU VENT


Aux confins des civilisations tibétaine et indienne.

Je suis en train de finaliser ce projet encore inédit, à bientôt !

Le rêve d’Alban


Le tsug lhakhang, le temple principal, bourdonnait d’activité. Leh accueillait en cette fin d’hiver une importante fête religieuse. Les congrégations bouddhistes de tout le Ladakh avaient fait le déplacement, des moines de tous âges avaient investi les lieux.

Je me préparais quant à moi à les photographier, j’installais ma chambre sur son trépied. Mais pour un géant aux cheveux jaunes, difficile de se faire complètement oublier.

Un tout petit garçon - il devait avoir l’âge d’Alban, mon petit-fils - au crâne rasé, vêtu de la robe rouge, patientait poliment au pied de la caméra. Je le soulevai afin qu’il puisse regarder dans le dépoli, sous le voile. Il exclama sa surprise, vraisemblablement quelque chose comme : "mais tout est à l’envers !". Du coup, les autres petits moines voulurent voir aussi. Ils firent la queue, attendant sagement leur tour pour regarder au travers de la chambre, que j’avais adaptée à leur hauteur. La file s’allongeait ! Finalement, même les adultes, puis les vieillards, qui, au début faisaient mine de ne pas prêter attention à cette machine profane, vinrent à leur tour jeter un œil sur le dépoli. Certains avaient l’air d’être des personnages importants. Tous m’ont remercié d’un gentil sourire.

Le lendemain mon téléphone sonna. C’était Anne, ma belle-fille, qui m’appelait pour la première fois depuis mon départ : “Alban s’est réveillé ce matin en disant : j’ai rêvé de papi Richard, il prenait des photos depuis le sommet d’une montagne”. Quand j’ai raconté ce rêve à mes amis ladakhis, ils m’ont regardé d’une façon étrange. “Quel beau rêve ! C’est une bénédiction” me dirent-ils, suggérant qu’elle avait été envoyée par les maîtres qui avaient regardé dans ma caméra.