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Border Line

Border Line


For us European Citizens, the Borders are gone - and that’s good - yet the waters of the Mediterranean remain a deadly obstacle for those who try to join our civilisation. It is their shipwrecked ghosts that I invoke to present their courage and innocence. My praise and homage to them.

Invited to an artist’s residency at Lumiere d'Encre Gallery near Perpignan, I decided to echo the given theme, ‘The Border’, rather than to document it literally. My pictures should look like opera scenes.

Fascinated by the Elsewhere as well as the astonishing proximity of the Banal and the Sublime, I use a large format camera. My photography is inspired by both the Duesseldorf School and the Romantic Painting.


Thanks to Lumiere d'Encre, Musee d'Art Moderne de Ceret and to all my friends who helped me to realise this project.


I have a godchild in the Himalayas whom I have known since childhood. For his twentieth birthday, I invited him on vacation with us. Unfortunately the French authorities stubbornly refused him a visa. Revenge on the fate, he is now an aircraft technician! This work is dedicated to him, his name is Skarma Zangpo.


…it is their shipwrecked ghosts that I invoke to present their courage and innocence, my praise and homage to them. My pictures should look like opera scenes


Richard Petit / 9lives- magazine


Act 1 Scene 1

The smuggler arranged to meet M. at the aircraft cemetery near the airport. The stage is occupied by a dilapidated plane which shoots out from the background, perfectly symmetrical. The tough negotiations will take place under the wings of the tattered Airbus ...


Jean-Claude Liehn


Covid contre Voie Off, deux survivants symboliques Richard Petit et Antoine d’Agata, Arles contemporain.

Au moment où un homme de télévision a été préféré à un homme de terrain aux municipales, où Christophe Wiesner, transfuge de Paris Photo, vient d’être nommé à la direction des Rencontres d’Arles 2021, la ville désertée par l’édition 2020 annulée du fait de la pandémie réagit par toutes sortes d’initiatives que recense Arles contemporain… et la résistance de Voies Off…


Christian Gattinoni / lacritique.org


Après avoir du annuler, la mort dans l’âme, sa fantastique organisation dédiée à “toutes les photographies”, Voies Off, dont c’est le 25ème anniversaire, a ouvert sa galerie à un fidèle parmi tous les fidèles. Richard Petit expose son travail réalisé en résidence d’artiste chez Lumière d’Encre à Céret. Un travail profond sur l’existence d’une frontière au sens métaphorique, l’impact de cette limite invisible sur les réalités du quotidien.


Thierry Maindrault / L'oeil de la Photographie

La frontière en documents fiction grand format

Richard Petit avait tenté dans ses premières séries de faire l’économie de la présence humaine pour mieux sublimer le vertige ressenti face au monde et rester critique quant à l’action de l’homme sur la nature. Le faste des sites naturels qui l’attiraient justifiait dans ses pérégrinations l’embarras de sa chambre photographique grand format. L’outil folding 4x5" lui procure tout autant que la précision du rendu naturel l’obligation à une lenteur d’exercice pendant lequel il entre en synergie avec le site.

S’il est solitaire dans son travail ne le croyez pas misanthrope, le partage pour lui se fait dans le temps des nombreux workshops qu’il anime pour communiquer ses savoirs techniques et sa passion. La plupart des paysages de Cheap Land affichent leur épiderme de grisaille boisée traversé des cicatrices de l’action humaine comme une coupe au vif. Quand la montagne n’offre plus autant d’attrait dans son dépoli il est parti un moment en quête d’une autre civilisation. Dans l’Himalaya, au Ladakh comme au Népal hommes et lieux résonnent à l’unisson. Dans une réelle volonté de concision il ne montre de cette série encore en cours que quatre oeuvres, deux d’un lieu spirituel et deux portraits.

Face à l’Océan, au phare de Chassiron, sa radicalité se confirme jusqu’à ne conserver qu’une seule image qu’il considère pourtant comme une une série, puisqu’elle est censée incarner toutes les autres restées mentales : “J'aime le paradoxe d'un océan réduit à quasi rien”.


En résidence à Céret pour Lumière d’Encre il multiplie au contraire les prises pour faire front comme le suggère l’étymologie du mot frontière, terme militaire qui signifie littéralement “faire face” ou “être voisin de” ses diverses composantes territoriales et géographiques. Le triptyque de l’avion gros porteur qui ouvre son exposition le révèle défait, comme en kit, semblant prévoir les voyages compromis par la pandémie. Il ne manque pas non plus de dénoncer avec humour l’artificialité des lignes, leur absurdité même au milieu d’une route.

Renouvelant totalement son vocabulaire il n’hésite pas à faire un gros plan de godillots à la Van Gogh ou de recourir à la mise en scène dans le cadre urbain, mêlant protagonistes et lignes de démarcation des espaces intermédiaires. Des couples d’ouvriers signent aussi de leur présence discrète des vues avec une grande profondeur de champ, lieu de passage ou chantier montagnard. Mais les images les plus sensibles de Border Line sont ces alignements volontairement flous de corps masculins qui nous sensibilisent à tous ces migrants qui disparaissent de nos écrans quotidiens en tentant au risque de leur vie de franchir les frontières. Au bord du rivage ou dans les profondeurs de la forêt les vues fantômes de ces naufragés sont bouleversantes, entre document et fiction. Elles sont d’autant plus fortes qu’un contrepoint final plus bucolique montre en plongée un père et son enfant face à la mer à la lumière du soleil levant.


Christian Gattinoni / lacritique.org / christiangattinoni.fr